« Pourtant, je l’ai obtenu dans un magasin d’aliments naturels… »—Remettre en question certains des mythes classiques associés aux bons soins de la peau

De nos jours, la plupart d’entre nous consultons l’Internet comme premier point de référence lorsque nous cherchons des réponses à des questions sur notre santé. Parfois, nous en trouvons de bonnes – il y a une foule de renseignements disponibles auprès de sources fiables. Le problème est qu’il existe aussi beaucoup de conseils douteux.

Quand il s’agit des bonnes habitudes de soin de la peau, certaines idées fausses persistent –tant en ligne que hors ligne. Nous avons donc parlé à une spécialiste de la peau, la Dre Melinda Gooderham, dermatologue et professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université Queen’s, pour tenter de dissiper certains mythes et malentendus qui circulent au sujet des soins de la peau.

Mythe no. 1

Les produits naturels sont meilleurs

« Beaucoup de gens supposent que si un produit est identifié comme étant « naturel » ou « biologique », il est automatiquement sain pour leur peau », explique la Dre Gooderham. « Mais cela n’est pas toujours vrai pour tout le monde ». L’une de ses patientes nettoyait sa peau à l’aide de lingettes pour bébé, ce qui a provoqué une allergie et causé une éruption cutanée accompagnée de démangeaisons. La Dre Gooderham lui a donc conseillé d’éviter de les utiliser. Six mois plus tard, la patiente est revenue, présentant les mêmes symptômes. Pourquoi? « Elle était passée à des lingettes provenant d’un magasin d’aliments naturels, pensant que celles-ci ne causeraient pas de problème », explique la Dre Gooderham. « En fait, elles contenaient de la lavande, un produit naturel, mais qui se trouve être fortement allergène. »


Mythe no. 2

Si j’utilise un écran solaire à FPS 60, je peux m’exposer au soleil deux fois plus longtemps qu’avec un produit à FPS 30

À vrai dire, peu importe le degré de FPS (facteur de protection solaire) que vous choisissez, vous devrez réappliquer votre écran solaire souvent pour demeurer protégé. « Certaines personnes n’aiment pas utiliser des écrans solaires chimiques parce qu’ils sont absorbés par la peau », affirme la Dre Gooderham. « Nous n’avons aucune preuve permettant de démontrer qu’ils sont nocifs. Mais pour éviter l’absorption, vous pouvez opter, si vous le voulez, pour un écran solaire physique comme l’oxyde de zinc ou de titane. »

Une autre solution consiste à porter des vêtements de protection et à éviter l’exposition au soleil aux heures d’ensoleillement maximum. « Je suis certaine d’une chose, c’est que les dommages causés par le soleil causent réellement le cancer. Il est absolument essentiel de se protéger du soleil », conseille la Dre Gooderham.


Mythe no. 3

Le bronzage artificiel est plus sécuritaire que le soleil naturel

« J’ai beaucoup de patients « retraités migrateurs » (« snowbirds ») qui pensent encore que se faire bronzer pour obtenir un bronzage de base avant de partir en vacances dans le sud aide à protéger leur peau », affirme la Dre Gooderham. « Les lits de bronzage n’utilisent que la lumière UVA, qui fait bronzer la peau. Sans les rayons UVB qui causent les coups de soleil, les lits de bronzage sont comme un gaz empoisonné, mais inodore. Vous causez des dommages, mais sans le coup de soleil pour vous prévenir que quelque chose de nocif est en train de se produire. »

Son conseil? « Ne le faites tout simplement pas. Le bronzage est un dommage causé à la peau par le soleil, point final. »


Mythe no. 4

Le maquillage aggrave l’acné

La Dre Gooderham voit de nombreuses jeunes femmes aux prises avec l’acné. « J’espère que ceci résoudra les divergences d’opinions mère-fille », avance-t-elle. « Il y a de nombreux produits cosmétiques non comédogènes que les adolescentes peuvent utiliser pour couvrir l’acné. » Renforcer la confiance en soi est tellement important pour les jeunes. Les produits non comédogènes n’obstruent pas les pores et n’aggravent pas l’acné. « Les poudres minérales sont efficaces, mais assurez-vous de toujours lire l’étiquette pour vous assurer qu’elles n’obstrueront pas vos pores. »


Mythe no. 5

Mon corps absorbe tout ce que je mets sur ma peau

Votre peau est une barrière protectrice. Certaines choses restent à la surface alors que d’autres sont absorbées, selon les facteurs suivants :

  1. La taille des molécules qui composent le produit – si elles sont assez petites, elles peuvent passer entre les cellules ou même y pénétrer.
  2. L’excipient dans lequel se trouvent les molécules – un aérosol et une crème n’agiront pas nécessairement de la même façon.
  3. La quantité de produit appliqué et la fréquence d’application sur la peau.
  4. La région du corps où vous appliquez le produit. La peau des paupières est la plus mince alors que celle du bas du dos est la plus épaisse.
  5. Certaines maladies, comme l’eczéma, peuvent abîmer la peau de sorte que la barrière cutanée devient moins intacte et moins bonne qu’avant, ce qui affecte aussi l’absorption.

« L’absorption par la peau, ce n’est pas nécessairement mauvais. De nombreux médicaments topiques fonctionnent de cette façon », explique la Dre Gooderham.


Ces cinq mythes sont parmi les plus courants que la Dre Gooderham voit dans son travail quotidien. Nous lui avons aussi demandé de parler de certains des « remèdes maison » populaires. C’est avec un petit rire qu’elle a énuméré les suivants :

  • Le rince-bouche pour traiter infections fongiques des ongles.
  • Le vinaigre de cidre pour enlever les acrochordons, communément appelés « tétines », sur la peau.
  • Le dentifrice pour éliminer les boutons.

« Ces « traitements » n’ont pas fait leurs preuves et leur efficacité est peu probable. Dans certains cas, ils pourraient même empirer les choses », affirme la Dre Gooderham. « Il est toujours préférable de demander conseil à un professionnel de la santé. »

Grand merci à la Dre Gooderham pour avoir contribué à dissiper certains des mythes associés aux bons soins de la peau. Comme elle l’a souligné, si vous avez des inquiétudes, ne manquez pas de consulter un médecin de famille ou un dermatologue certifié. Vous trouverez aussi plus de renseignements (fiables) sur le site web de l’Association canadienne de dermatologie.